EN BREF
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Les fournisseurs de cloud intensifient leurs engagements en matière d’environnement, mais ces promesses ne sont pas toujours des critères de décision pertinents pour les Directeurs des Systèmes d’Information (DSI). Une étude récente met en lumière que, bien que certains acteurs affichent une efficience énergétique via des indicateurs comme le PUE (Power Usage Effectiveness), ceux-ci n’incluent pas d’autres facteurs cruciaux comme l’intensité carbone de l’énergie utilisée. L’absence d’indicateurs comme le CUE (Carbon Usage Effectiveness) dans leurs publications complique encore le tableau, favorisant plutôt des pratiques de greenwashing. Enfin, des données généralement présentées en moyennes masquent souvent la réalité opérationnelle des datacenters, rendant difficile une évaluation précise de leur impact écologique.
Le cloud computing est souvent perçu comme une solution technologique innovante, promettant flexibilité et économies d’échelle. Cependant, derrière cette façade, se cachent des enjeux environnementaux majeurs. Cet article explore les données écologiques qui entourent le cloud et comment ces chiffres, bien que significatifs, peuvent sembler superflus pour les Directeurs des Systèmes d’Information (DSI) lorsqu’ils prennent des décisions stratégiques. En mettant en lumière les indicateurs écologiques tels que le PUE (Power Usage Effectiveness), le CUE (Carbon Usage Effectiveness) ou encore le WUE (Water Usage Effectiveness), nous tenterons de comprendre les implications réelles de ces données et pourquoi elles ne sont pas toujours perçues comme utiles par les DSI.
Le rôle croissant du cloud dans la consommation énergétique
Alors que le numérique continue de s’intégrer dans tous les aspects de nos vies, son impact sur l’environnement devient de plus en plus préoccupant. Selon une étude de l’ADEME, la consommation d’énergie liée aux services numériques a atteint 4,4 % de l’empreinte carbone en France. Ce chiffre est alarmant compte tenu de l’utilisation croissante du cloud, qui génère une demande électrique croissante dans les centres de données. Ces installations sont des plateformes essentielles à la fourniture de services cloud, mais elles ont aussi un coût environnemental significatif.
Les entreprises, en quête de solutions rentables, sont parfois moins attentives à l’impact écologique des choix technologiques. Pour les DSI, il peut sembler que les engagements environnementaux des fournisseurs de cloud soient susceptibles de masquer la réalité des chiffres. Les DSI doivent donc naviguer dans un océan d’informations souvent contradictoires pour trouver des solutions durables.
Les indicateurs environnementaux : des évidences pas si évidentes
De nombreux indicateurs sont mis en avant pour évaluer l’impact environnemental du cloud, mais leur interprétation peut prêter à confusion. Le PUE est souvent cité comme un indicateur majeur. Ce rapport entre l’énergie consommée par le centre de données et celle utilisée pour les équipements informatiques donne une idée de l’efficacité énergétique. Par exemple, un PUE de 1,1 indique un centre de données plutôt efficace. Cependant, ce chiffre ne prend pas en compte le type d’énergie utilisée.
Les entreprises doivent donc être prudentes en considérant ces chiffres. Les fournisseurs de services cloud affichent souvent des PUE très compétitifs, mais cela reste un indicateur interne qui ne mesure pas leur impact global sur l’environnement. Les DSI pourraient juger essentiel d’examiner d’autres données pour obtenir une image plus complète.
L’importance du Carbon Usage Effectiveness (CUE)
Le CUE est un autre indicateur crucial, mesurant les émissions de carbone par kilowattheure (kWh). L’objectif est d’informer les entreprises sur les émissions d’équivalent carbone générées par leur utilisation des services informatiques. Malheureusement, cet indicateur est encore trop peu utilisé par les fournisseurs de cloud. La plupart des grandes entreprises du secteur ne publient pas ces chiffres, rendant la situation encore plus complexe pour les DSI qui cherchent à évaluer les implications sous-jacentes de leurs choix technologiques.
En l’absence de données sur le CUE, il est difficile pour les DSI d’évaluer la durabilité des solutions cloud qu’ils choisissent. Les promesses de neutralité carbone ou d’utilisation d’énergie renouvelable doivent être examinées avec un esprit critique, car ces engagements peuvent parfois occulter le manque de transparence au sujet des émissions réelles.
Water Usage Effectiveness (WUE) : une ressource vitale sous pression
Le WUE est un indicateur qui mesure de manière spécifique l’utilisation de l’eau dans les centres de données. Avec des ressources en eau de plus en plus rares dans certaines régions, cet indicateur prend de l’importance. Les centres de données nécessitent une grande quantité d’eau pour leur refroidissement, et une mauvaise gestion de cette ressource peut nuire à l’environnement local.
Alors que certains géants du cloud s’engagent à restituer plus d’eau qu’ils n’en consomment, les DSI doivent contempler la valeur de ces initiatives. La compréhension des effets environnementaux globaux dépend également de la manière dont ces acteurs mesurent et rapportent leur efficacité en matière de consommation d’eau. Un chiffre isolé peut sembler impressionnant, mais il ne doit pas masquer d’autres impacts sur les ressources hydriques.
Problèmes de transparence et de communication
Les DSI font face à un véritable défi lorsqu’ils analysent des données qui peuvent sembler superflues à première vue. La surabondance d’indicateurs et l’absence de normes claires dans les communications des fournisseurs rendent la situation encore plus complexe. Les annonces de Greenwashing souvent mises en avant peuvent troubler les DSI dans la compréhension des alternatives durables viables.
Ce phénomène souligne la nécessité de creuser au-delà des discours marketing et de se concentrer sur des données concrètes et mesurables. Les DSI doivent exiger des preuves tangibles des engagements écologiques des fournisseurs, plutôt que de se fier à des promesses vagues.
Impact réel des choix cloud sur l’empreinte carbone
La croissance rapide du cloud computing exacerbe l’impact environnemental du secteur numérique. En 2024, la France connaît un ralentissement dans la réduction des émissions de gaz à effet de serre, et les centres de données en sont largement responsables. Il est crucial pour les DSI de prendre conscience que chaque décision technologique peut impacter non seulement leur budget, mais aussi l’environnement. Les données qu’ils considèrent comme superflues pourraient en réalité détenir la clé de leur responsabilité écologique.
Les DSI doivent être convaincus de l’importance d’établir une corrélation entre leurs choix cloud et l’impact environnemental qui en découle. Chaque kilowattheure consommé doit être évalué non seulement en termes d’efficacité économique, mais aussi de durabilité.
Recommandations pour les DSI
Pour soutenir une transition numérique plus durable, les DSI pourraient envisager plusieurs recommandations. D’abord, ils doivent promouvoir la transparence et la communication. Exiger des fournisseurs de cloud des indicateurs tels que le CUE et le WUE devrait devenir une norme. Les DSI doivent également rester informés des méthodes de calcul des émissions de carbone et de la gestion des ressources en eau dans les centres de données.
De plus, en s’engageant envers des fournisseurs qui pratiquent des actions réellement mesurables et tangibles, les DSI peuvent influencer positivement la manière dont le cloud est géré à l’avenir. En retrouvant une clarté dans leurs indicateurs, les DSI pourront mieux comprendre le véritable coût de l’informatique en cloud sur l’environnement.
La nécessité d’une action collective
Le défi environnemental ne peut être maîtrisé uniquement par des améliorations des performances individuelles. Les DSI, en tant que décideurs stratégiques, doivent interpeller non seulement leurs fournisseurs mais aussi d’autres acteurs de l’industrie pour construire une approche collective à la durabilité. L’élaboration de standards clairs et d’indicateurs mesurables au sein de l’industrie pourrait accélérer la transition vers un cloud plus écologique.
Pour construire efficacement un avenir numérique durable, il est impératif que les DSI envisagent d’utiliser le cloud de manière responsable tout en restant actifs dans la quête de changements au niveau des pratiques sectorielles.
Enfin, le paysage environnemental du cloud computing appelle à une plus grande vigilance et à un examens approfondis des données disponibles. Les DSI doivent naviguer à travers un dédale d’informations et d’indicateurs, jugés superflus mais qui peuvent s’avérer être des éléments clés pour une stratégie d’entreprise responsable. La question reste de savoir comment intégrer ces chiffres dans une prise de décision éclairée qui vise à réduire l’impact environnemental du numérique.

Les fournisseurs de cloud annoncent de nombreux engagements en faveur de l’environnement. Pourtant, ces promesses sont souvent jugées insuffisantes par les Directeurs des Systèmes d’Information (DSI) qui peinent à établir des critères fiables pour évaluer l’impact écologique de leurs choix technologiques.
Un consultant en cloud a récemment révélé que la communication des acteurs du cloud est souvent marquée par des effets d’annonce. Ces derniers rendent difficile la comparaison entre les offres, alors même que, selon des indicateurs comme le PUE (Power Usage Effectiveness), certains fournisseurs se distinguent par une meilleure efficacité énergétique.
Cependant, le PUE ne donne qu’une vue d’ensemble de l’efficacité interne d’un datacenter, sans évaluer des facteurs essentiels comme l’intensité carbone de l’énergie utilisée. Cela laisse les DSI démunis face à des décisions qui devraient reposer sur des données plus pertinentes.
En matière de réduction des émissions de carbone, le CUE (Carbon Usage Effectiveness) est censé fournir des informations claires sur les émissions par kWh. Malheureusement, cet indicateur est souvent absent des rapports des fournisseurs, ce qui pousse à croire que des initiatives de greenwashing sont mises en avant, diluant ainsi la portée des engagements réels.
Enfin, le WUE (Water Usage Effectiveness) soulève également des inquiétudes. Bien que certains acteurs affichent des résultats prometteurs, les comparaisons avec les moyennes nationales obscurcissent la réalité des pratiques de consommation d’eau. Les DSI ont besoin de données spécifiques et contextualisées pour comprendre l’impact de leurs déploiements.
La mise à jour des chiffres sur l’empreinte carbone du numérique montre une augmentation significative, passant de 2,5% à 4,4% en four ans. Cette réalité doit alerter les DSI sur la nécessité d’évaluer les choix technologiques qu’ils font, à la lumière de l’impératif écologique.
Dans un contexte où le secteur numérique représente entre 3% et 4% des émissions mondiales de gaz à effet de serre, les DSI doivent réévaluer ce qui constitue des données pertinentes. Une approche basée uniquement sur des indicateurs généraux ou des promesses floues peut les éloigner d’une gestion réellement responsable.
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