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EN BREF
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Face aux crises géopolitiques et climatiques, l’avenir de l’agriculture repose sur la collectivité. Lors de l’Assemblée Générale de la FRCUMA en avril 2026, les acteurs de la Nouvelle-Aquitaine ont mis en avant la nécessité d’une gestion collective face aux défis économiques, tels que la hausse des charges et la volatilité des prix des intrants. La gestion de l’eau s’est révélée vitale, tout comme les victoires syndicales obtenues, telles que le Crédit d’Impôt Mécanisation Collective. La PAC 2027 est envisagée comme un outil de prévention face aux risques. Avec l’humain au centre de ce projet, la solidarité territoriale et la mutualisation sont considérées comme des atouts cruciales pour construire un avenir durable et viable pour nos fermes.
Dans un contexte mondial de plus en plus incertain, l’avenir du secteur agricole repose sur une collectivité renforcée. Face aux crises économiques, environnementales et sociales, les acteurs de l’agriculture prennent conscience de l’importance de la solidarité et de la mutualisation des ressources. Cet article explore comment la collaboration entre agriculteurs, élus et collectivités peut forger une voie vers une agriculture durable, résiliente et partagée.
Les principaux enjeux de l’agriculture contemporaine
Le secteur agricole est aujourd’hui confronté à des défis multiples, allant des questions de souveraineté alimentaire à la gestion des ressources naturelles, en passant par les enjeux économiques. Ces défis nécessitent une réponse collective et une adaptation rapide des pratiques agricoles traditionnelles.
Instabilité économique et géopolitique
Les tensions géopolitiques mondiales ont un impact direct sur les prix des matières premières et sur la disponibilité des ressources. La fluctuation des prix des produits agricoles affecte directement les revenus des agriculteurs, plongeant bon nombre d’entre eux dans l’incertitude. La nécessité de diminuer notre dépendance aux intrants et d’accroître notre résilience devient alors primordiale.
Changements climatiques et défis environnementaux
Les défis climatiques représentent une menace réelle pour la productivité agricole. Les phénomènes météorologiques extrêmes, la sécheresse et les inondations ont un effet dévastateur sur les cultures. Lors de la dernière Assemblée Générale, il a été souligné que nous avons besoin d’une gestion opérationnelle de l’eau afin de mieux prévoir et gérer ces événements.
Les solutions collectives pour l’avenir de l’agriculture
Les modalités de coopération et de mutualisation prennent une importance croissante dans le paysage agricole. La mise en réseau et les initiatives collectives permettent de mieux gérer les crises et d’optimiser les ressources.
La mutualisation des moyens et des compétences
Les CUMA, ou Coopératives d’Utilisation de Matériel Agricole, sont un parfait exemple de ce type d’initiative. En unissant leurs forces, les agriculteurs peuvent accéder à des équipements modernes tout en réduisant les coûts. Cela permet non seulement d’améliorer la rentabilité des exploitations, mais aussi de favoriser l’innovation et la transition agroécologique.
Des victoires syndicales significatives
Récemment, les acteurs du réseau CUMA ont obtenu des avancées, comme le Crédit d’Impôt Mécanisation Collective. Cette victoire témoigne de la force du dialogue entre les agriculteurs et les institutions, et représente un levier pour encourager davantage la mutualisation des ressources.
L’avenir de la Politique Agricole Commune (PAC)
La refonte de la Politique Agricole Commune (PAC) est aussi un sujet brûlant. Pour de nombreux agriculteurs, il est essentiel que cette nouvelle PAC soit conçue comme une dépense utile qui permet de réduire la vulnérabilité des exploitations face aux crises économiques et environnementales.
Vers une PAC orientée vers la prévention
La PAC 2027 devra se concentrer sur la prévention et la diversification, permettant aux agriculteurs d’être mieux préparés face aux aléas. Il est essentiel d’élaborer des mesures visant spécifiquement à renforcer la sécurité alimentaire et à soutenir les fermes en période de crise.
La transition agroécologique : un impératif collectif
La transition vers des pratiques agricoles plus durables et respectueuses de l’environnement est une nécessité. Cette évolution est également un enjeu collectif qui demande l’implication de tous les acteurs du secteur.
Investissements dans la durabilité
En 2025, plus de 130 000 hectares ont bénéficié d’investissements visant la transition agroécologique. Ce chiffre témoigne de l’engagement grandissant des agriculteurs à adopter des pratiques respectueuses de l’environnement. Des efforts supplémentaires sont cependant nécessaires pour que davantage d’exploitations agricoles puissent bénéficier de cette transformation.
Éco-conduite et efficacité énergétique
Un aspect essentiel de cette transition est l’amélioration de l’efficacité énergétique. La pratique de l’éco-conduite, par exemple, peut réduire la consommation de carburant jusqu’à 11 %. Cela illustre bien comment des pratiques simples et collectives peuvent conduire à des économies significatives.
Renforcer la place de l’humain dans l’agriculture
Au-delà des questions techniques et matérielles, l’élément humain doit rester au cœur du projet agricole. La CUMA représente une véritable communauté où l’entraide et le soutien mutuel permettent de renforcer la cohésion entre les agriculteurs.
Formation et transmission des savoirs
Le projet AGIR, qui vise à encourager les jeunes agriculteurs, illustre bien cette volonté de transmettre un savoir-faire de génération en génération. Offrir des formations adaptées aux nouvelles réalités agricoles permet aux jeunes d’intégrer un réseau unique et de se sentir soutenus dans leur installation.
Engagement RSE et reconnaissance des efforts
Le label « Cuma So Responsable » a gagné en popularité et comprend désormais plus de 315 CUMA labellisées. Cet engagement en matière de responsabilité sociétale permet de donner un cadre concret aux initiatives durables et constitue un atout de communication pour les exploitations.
Un avenir collectif pour l’agriculture
Pour surmonter les crises actuelles et à venir, le secteur agricole doit se réinventer. Les échanges, la coopération et la solidarité entre les différents acteurs seront les clés du succès. L’avenir de l’agriculture se construira donc ensemble, dans un cadre où chacun pourra contribuer à une souveraineté alimentaire forte et durable.
Mobiliser les acteurs du territoire
Ne pas rester seul face aux tempêtes, tel est le message lancé par le Président de la CUMA. La solidarité territoriale émerge comme le meilleur moyen de pérenniser les exploitations agricoles et de préserver nos ressources face à un avenir incertain.
Un réseau fort pour des résultats durables
Dans un monde en mutation, le partage et l’échange entre agriculteurs, collectors et partenaires divers sont plus que jamais des leviers nécessaires. Les résultats obtenus par la mutualisation des ressources et l’engagement collectif montrent que l’avenir de l’agriculture peut être prometteur si nous choisissons d’agir ensemble.

Témoignages : Crises en vue – pourquoi l’avenir de l’agriculture se construit ensemble
Lors de l’Assemblée Générale de la FRCUMA, les acteurs du réseau CUMA de Nouvelle-Aquitaine se sont réunis pour dresser un bilan aigu des bouleversements qui touchent l’agriculture. Franck Michel, Chargé d’Etudes Économiques à la Chambre d’Agriculture NA, a mis en lumière le phénomène du “ciseau des prix”. En effet, les prix des produits agricoles ont été divisés par 2 ou 3 en cinquante ans, alors que les charges continuent d’exploser. Un constat alarmant qui appelle à une redéfinition de notre modèle économique.
Pour Bernard Layre, Président de la Chambre d’Agriculture Nouvelle-Aquitaine, l’eau représente une urgence vitale. Il rappelle que sur les 60 milliards de m³ de pluie qui tombent chaque année, 36 milliards s’écoulent à la mer. « Nous avons besoin d’eau pour nous développer, quels que soient les secteurs d’activité », souligne-t-il, appelant à une gestion plus efficace du stockage de cette précieuse ressource.
Dans ce contexte difficile, Pierre Supervielle, élu FNCUMA, a évoqué des victoires syndicales historiques. Il a souligné l’importance du Crédit d’Impôt Mécanisation Collective, un véritable levier pour encourager la mutualisation et renforcer la solidarité au sein des exploitations. Ce type d’initiative est crucial pour faire face aux défis du secteur.
Pour Aurélie Catallo, Directrice du programme Agriculture et Alimentation France de IDDRI, la Politique Agricole Commune (PAC) doit se transformer et devenir une dépense utile. Elle doit se concentrer sur la prévention et la diversification, afin de réduire la vulnérabilité de nos exploitations agricoles, qui font face à une multitude de défis.
Enfin, le Président de la FRCUMA, Stefaan Massart, rappelle que la CUMA dépasse le simple cadre de la mutualisation de matériel. « C’est un outil de souveraineté », dit-il, permettant à nos fermes d’être à la fois viables et vivables sur le plan économique, familial et personnel. Cette approche humaine est essentielle pour soutenir les agriculteurs dans leurs parcours.
Le message qui se dégage de ces témoignages est clair : ne restons pas seuls face à la tempête. La solidarité territoriale et la mutualisation sont primordiales pour reprendre notre destin en main et bâtir un avenir agricole plus serein et durable.



































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