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EN BREF
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Dans le Pas-de-Calais, Alexis Burette, qui a récemment rejoint l’exploitation laitière familiale, fait évoluer les pratiques agricoles de ses parents. Il privilégie l’herbe fraîche au détriment des traditionnels champs de maïs. En intégrant des prairies temporaires dans la rotation et en expérimentant le semis direct sous couvert, il cherche à améliorer la santé de ses vaches laitières et à réduire les coûts de production. Cette approche a déjà permis d’augmenter la production laitière tout en diminuant l’utilisation d’engrais azotés.
Dans le Pas-de-Calais, Alexis Burette, le jeune co-gérant d’une exploitation laitière familiale, fait le choix audacieux de privilégier des prairies temporaires au traditionnel champ de maïs. À travers des innovations agronomiques ciblées, il souhaite réduire la dépendance aux engrais azotés et améliorer la santé des sols tout en augmentant la productivité de ses vaches laitières. Cet article se penche sur les techniques utilisées par Alexis et les impacts bénéfiques de ces choix sur l’exploitation familiale.
Une transition inspirée par le besoin d’autonomie
Alexis Burette a hérité d’une ferme laitière bien établie, qui a toujours eu recours au système « tout maïs » pour nourrir ses 65 vaches laitières. Cependant, l’émergence de crises géopolitiques, comme la guerre en Ukraine, a eu un impact considérable sur le prix des matières premières, incitant Alexis à repenser les pratiques de culture. « Au moment où les coûts des semences enflent, il paraît essentiel de chercher des alternatives », souligne-t-il.
En effet, l’introduction de prairies dans la rotation des cultures vise à diversifier les ressources alimentaires disponibles pour les vaches. De plus, cette démarche permet d’améliorer la structure des sols et de réduire les besoins en engrais chimiques. Grâce à l’approche innovante d’Alexis, la ferme devient non seulement plus durable, mais également plus résiliente face aux aléas climatiques.
Les avantages des prairies temporaires
Une meilleure gestion des adventices
La suppression de la monoculture de maïs permet également de lutter contre les adventices. Alexis utilise une méthode ancestrale : enherber pour désherber. En intégrant plusieurs espèces dans ses prairies temporaire, il favorise les cycles de vie des plantes et limite la prolifération des mauvaises herbes.
« Grâce à la prairie, les vulpins sont fauchés régulièrement, ce qui épuisent leur stock semencier. Notre maïs, après trois ans de prairie, a été notre plus beau maïs », affirme Alexis. Une telle rotation n’est pas seulement bénéfique pour les cultures mais améliore également la qualité et la santé du sol, comme l’a observé son père, Jean-Marc Burette, qui a vu des signes d’amélioration visibles.
Réduction de la dépendance aux engrais
Un des principaux objectifs d’Alexis est de diminuer l’utilisation d’engrais azotés. Ses prairies et l’intégration de légumineuses, comme le trèfle violet, l’ont aidé à capter l’azote atmosphérique, réduisant ainsi les besoins d’apport en engrais minéraux. Cette approche notoire permet non seulement de diminuer les coûts de production, mais également d’accroître l’autonomie de l’exploitation.
La lutte contre le réchauffement climatique
Des pratiques agricoles innovantes
Face aux défis du changement climatique, Alexis Burette adopte des pratiques plus durables. En coopération avec un agronome, il utilise des mélanges de prairies qui peuvent concurrencer le maïs en termes de volume et de valeur nutritionnelle. « Nous cherchons à améliorer l’autonomie protéique de la ration de nos vaches tout en protégeant l’environnement », explique-t-il.
À travers l’expérimentation de méthodes telles que le semis direct sous couvert, la famille Burette espère rendre l’exploitation moins dépendante des facteurs externes, face à des événements climatiques imprévisibles tels que les orages et les sécheresses. La quantité d’énergie nécessaire pour le semis a été considérablement réduite, permettant de baisser la consommation de fioul de 20 à 4,5 litres par hectare.
Un bilan carbone positif
Les efforts d’Alexis ne s’arrêtent pas à l’autonomie alimentaire. Ils participent également à la réduction de l’empreinte carbone de la ferme. Avec des pratiques agricoles visant à améliorer la santé des sols et à minimiser les intrants, la famille a réussi à diminuer les gaz à effet de serre de 20% sur leur exploitation au cours des dernières années. Jean-Marc, en tant que précurseur, a initié cette transformation en intégrant des pratiques agricoles bas carbone et en investissant dans des équipements performants comme un localisateur d’engrais.
Le soutien financier à la transition agroécologique
Un prêt à taux préférentiel pour les innovations
Les résultats obtenus sur la ferme d’Alexis ont attiré l’attention des établissements financiers, aboutissant à l’octroi d’un prêt à taux préférentiel dans le cadre de l’offre « Transition+ » du Crédit Agricole Nord de France. Cet appui financier, qui vise à soutenir les agriculteurs engagés dans la transition agroécologique, a permis à Alexis de réaliser des investissements significatifs sans alourdir sa charge financière.
Avec un Indice de régénération (IR) de 78, il a obtenu 60 000 euros à un taux très compétitif, essentiel pour mettre en œuvre des pratiques agroécologiques et développer l’exploitation avec un impact environnemental positif. Ces mesures financières constituent une reconnaissance non seulement des efforts fournis mais également un encouragement pour d’autres agriculteurs à suivre le même chemin.
Collaboration et échanges de bonnes pratiques
Un réseau d’éleveurs engagés
Alexis s’entoure également de professionnels et d’éleveurs partageant ses valeurs et préoccupations. Par le biais d’un groupe WhatsApp, ces agriculteurs s’échangent des conseils sur les techniques à adopter pour développer l’autonomie protéique et améliorer la productivité. « Nous sommes tous dans le même bateau, nous partageons nos expériences et nos résultats », précise-t-il.
Cette collaboration contribue à enrichir les pratiques d’élevage et à renforcer les liens dans le secteur, permettant à chacun d’apprendre des succès et des échecs des autres. Ces échanges intellectuels sont d’une grande valeur dans un monde agricole en pleine mutation face aux défis environnementaux.
Les retombées sur la santé animale
La priorité de la famille Burette est toujours la santé de leurs animaux. En adoptant des sols plus sains grâce aux pratiques des prairies temporaires et en proposant un meilleur régime alimentaire, ils constatent une amélioration notable dans la longévité et la productivité de leurs vaches laitières. « Nous avons réussi à gagner 1000 litres de lait par vache en un an », se réjouit Alexis tout en soulignant l’importance de maintenir des coûts vétérinaires bas en optimisant les conditions de vie de leurs animaux.
Les vaches en bonne santé sont synonymes de rendements accrus et d’une exploitation plus durable. Chaque élément de leur écosystème, des prairies aux rotations de cultures, contribue à la bonne santé et à la productivité de la ferme.
L’initiative d’Alexis Burette dans le Pas-de-Calais représente une avancée significative dans la quête d’un modèle d’agriculture intégré et durable. En privilégiant l’herbe au maïs, il ne se contente pas de modifier les pratiques d’alimentation de ses vaches, mais engage une véritable démarche de transition agroécologique. Les défis qui l’accompagnent peuvent paraître nombreux, mais les résultats observés jusqu’à présent parlent d’eux-mêmes, et offrent une réelle lueur d’espoir pour l’avenir de l’agriculture dans la région.

Témoignages sur l’innovation agricole des Burette dans le Pas-de-Calais
Alexis Burette, nouvellement installé sur la ferme familiale, a décidé de donner une nouvelle direction à l’exploitation laitière en intégrant des prairies temporaires dans la rotation des cultures. Après avoir été salarié sur la ferme de ses parents, il a pris la co-gérance avec son père, Jean-Marc, et met un point d’honneur à moderniser les pratiques d’élevage.
« C’est une grande fierté de pouvoir transmettre », déclare Jean-Marc, qui observe son fils introduire des pratiques novatrices. Pour Alexis, le choix d’implanter de l’herbe plutôt que de se concentrer uniquement sur le maïs découle, entre autres, de l’augmentation des prix des matières premières due à la guerre en Ukraine. Il se souvient : « Le déclic a été au moment de la guerre en Ukraine, lorsque les matières premières ont flambé. » Ce changement de direction montre un engagement vers une agriculture plus durable.
Le processus d’enherbement pour désherber est une méthode redécouverte par Alexis, qui souligne l’importance d’explorer les techniques éprouvées des générations précédentes. « C’est une technique que les anciens utilisaient déjà, on n’a rien inventé », ajoute-t-il en riant. Les résultats ne se sont pas fait attendre : « Notre maïs après la prairie a été notre plus beau maïs », se réjouit-il.
Outre l’introduction de l’herbe, la famille Burette cherche à diminuer la dépendance au maïs pour sécuriser l’autonomie fourragère. « Nous avons encore beaucoup de maïs dans la ration, l’objectif est de le diminuer, ainsi que le colza, pour plus d’autonomie », confie Alexis. Le changement climatique incite la famille à s’adapter, et ils s’entourent de professionnels pour les aider dans cette transition.
Jean-Marc a initié des pratiques visant à réduire l’empreinte carbone de l’exploitation, atteignant même une réduction de 20% des gaz à effet de serre. Alexis continue cette démarche en expérimentant le semis direct sous couvert, ce qui a permis une baisse significative de la consommation de fioul. « Des sols en meilleure santé, ce sont des plantes en meilleure santé, et donc des animaux en meilleure santé », affirme-t-il avec conviction.
Grâce à leur engagement, Alexis a pu bénéficier d’un prêt à taux préférentiel, afin de soutenir la transition agroécologique de la ferme. Cette initiative lui permet non seulement de financer des investissements importants pour l’exploitation, mais également d’assurer un avenir durable pour leurs vaches laitières.

































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